Glenn Miller LIVE - "In The Mood" - '41

Extrait du film Sun Valley Serenade (en français : Tu seras mon mari), un des rare film dans lequel apparaît Glenn Miller.

Nous retrouvons ici l'orchestre de Glenn Miller, à l'exception du pianiste qui est joué par John Payne, acteur principal du film.

Le break à la fin de In the mood n'est pas pour rien dans le succès du morceau. Le silence respecte le tempo, et l'auditeur garde le rythme et sait quand l'orchestre va reprendre. Ce clin d'oeil aux facultés musicales du public va propulser le morceau en tête des succès dès 1939.

Extrait du livre Le souffle de la liberté, Nicolas Beniès

Glenn Miller - In the mood

Le souffle de la liberté,

Le jazz, à ce moment précis, pour les troupes comme pour les populations accueillant les armées, a le son de l’orchestre de Glenn Miller. Son In the Mood deviendra une sorte d’hymne de cette Libération.

Glenn Miller aura le rang de major dans l’armée américaine. Les autres musiciens seront capitaine, lieutenant, sergent, caporal, simple soldat. Du fait de ce rang, et à son grand dam, il ne pourra pas jouer du trombone, un chef ne peut pas être au niveau de ses hommes.

Il est chef d’un orchestre de rêve qui réunit la plupart des jazzmen d’alors, dont le batteur – et lui- même chef d’orchestre, Ray McKinley. L’orchestre est plétho- rique. Il tient plus de l’orchestre symphonique que de celui de jazz. Les big bands, en règle géné- rale, ne dépassaient guère treize musicien(ne)s. Là, ils seront vingt, vingt-cinq. La lourdeur en conséquence est souvent au rendez-vous...

Il faut dire que l’armée, pas folle, a refusé d’engager Glenn Miller comme soldat, à cause de sa mauvaise vue et de son âge. Il a 38 ans au moment de Pearl Harbor. Aux États-Unis, ce traumatisme de l’attaque japonaise a eu comme conséquence une vague d’engagement qui a touché tous les mondes de la culture. Pour faire un raccourci, tout le monde veut s’engager, musiciens, acteurs... sauf John Wayne qui ne pense qu’à sa carrière.

Le tromboniste-chef d’orchestre-compositeur-arrangeur a des idées bien arrêtées concernant la définition de la nationalité étatsunienne. Pour lui, les marches militaires doivent prendre appui sur le jazz et non plus reprendre ces vieilles musiques d’un autre temps, d’une autre guerre. Il arrangera en marche le Saint Louis Blues de W.C. Handy, un standard joué par tous les musiciens, une sorte de carte de visite sinon d’identité.

Il ne sera pas écouté par la hiérarchie militaire. On la comprend, il existe des valeurs à respecter. Pourtant, c’est lui qui traduit un sentiment, celui d’appartenance à une communauté ; appartenance que le jazz est le seul à pouvoir définir.