Laura (1944) - Otto Preminger - Trailer

Extrait du livre Le souffle de la liberté, Nicolas Beniès

Un film pour caractériser l'année 1944

Le souffle de la liberté, p. 152

S’il fallait un film pour caractériser le moment de libération qui submerge le monde en cette année 1944, ce serait Laura d’Otto Preminger. Pour trois raisons. La première, musicale. La musique du film composée par David Raksin sera reprise par Don Byas, qui en fera un succès, par Charlie Parker et beaucoup d’autres, pour accéder au rang de standard du jazz, un thème connu de toutes et de tous, un morceau de patrimoine commun. La deuxième tient à la présence de cette actrice mystérieuse, Gene Tierney. Et la troisième à cette part de rêve qui nimbe tout le film. Le rêve et la réalité se fragmentent en deux faces d’un monde en train de se défaire et de se faire. Otto Preminger, par l’opposition de ces deux personnages, Dana Andrews en flic terre à terre au nom irlandais, Monk McPherson, et Gene Tierney en Laura, vêtu du manteau des rêves de toute une génération, presque irréelle, a synthétisé le feeling de ces temps.