Jean Cocteau à propos du jazz

Lors du Jazz Festival de Cannes de 1958, Sim Copans interviewe Jean COCTEAU. L'écrivain considère le jazz comme de la musique de chambre. Avec beaucoup de fougue et d'enthousiasme, il souligne la maîtrise prodigieuse des instrumentistes, évoque une soirée "miraculeuse". Pour lui, le Jazz soulève l'enthousiasme, "c'est de la poésie ... de la très grande musique".

Extrait du livre Le souffle de la liberté, Nicolas Beniès

Jean Cocteau et le jazz

Le souffle de la liberté, p. 138

Les surréalistes, pendant l’entre-deux-guerres, joueront un rôle actif dans la diffusion du jazz. Ils en feront l’incarnation de la spontanéité, la possibilité de recomposer la culture européenne conçue comme « ancienne » et dépassée.

Jean Cocteau sera aussi de la partie, s’essayant même à la batte- rie. Il est sensible – comme souvent – à l’attrait de la nouveauté que représente cette musique et au scandale que provoque Joséphine Baker123. À la tête d’un jazz-band, Cocteau fera découvrir cette musique aux dadaïstes, aux alentours de 1924. Darius Milhaud fera le voyage à Harlem pour découvrir le jazz et éviter le « jazz de variété », celui de Broadway.

La controverse sur le jazz forgera l’entrée dans la modernité pour tous les amateurs de cette musique-art-de-vivre qu’ils soient ou non musiciens. Se retrouveront au sein du Hot Club de France – créé pour diffuser le jazz, le faire écouter, l’expliquer – à la fois des tenants de la thèse de Panassié et des membres du PCF ou des surréalistes. Se construit ainsi une identité faite de révolte contre l’ordre établi et de recherche d’un autre monde qui pour être imaginaire n’en est pas moins importante.